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samedi 23 avril 2011

Pr'Ose Ecriture redonne vie à vos écrits.

Une approche intéressante, et originale, de l'atelier d'écriture : partir de textes déjà écrits par les participants, et leur (re)donner vie. Pourquoi intéressant ? Parce que rien ne vaut un oeil extérieur pour trouver le "petit quelque chose" qui cloche, ou tout simplement se remotiver. C'est bien connu, un manuscrit (même très travaillé) mérite de reposer quelques semaines ou quelques mois dans un tiroir, avant d'être repris par l'auteur sous un regard neuf. Avec, en plus, le regard d'Emma Bovary, la recette a tout pour porter ses fruits. Cest à lire sur le blog de Pr'Ose Ecriture.

mardi 5 avril 2011

Les coulisses de l'édition, chez enviedecrire.com

Le site enviedecrire.com publie aujourd'hui un court et très pertinent article destiné à ceux qui rêvent de voir leur manuscrit publié. Il sera normalement suivi d'autres. C'est à lire ici : http://www.enviedecrire.com/edition-les-pieges-a-eviter-eric-fouassier/
À suivre !

lundi 4 avril 2011

Mon manuscrit fait 300 000 caractères, combien de pages cela fera-t-il ?

La question est naturelle pour un auteur qui vient d'achever son premier roman (ou autre !) : combien de pages cela fera-t-il une fois transformé en livre ? Il n'y a pas de formule pour calculer ce nombre de pages pour une raison toute simple : cela dépend du format du livre ! Et pas seulement. Il faut aussi prendre en compte la police de caractères qui sera utilisée à l'impression et la dimension des marges. Et puis attention à une chose : qu'entendez-vous par "caractère" ? Incluez-vous les espaces, ou pas ?

Il existe malgré cela un moyen efficace d'estimer la taille du livre sans se plier à des calculs compliqués ou risquer une approximation douteuse : utiliser son traitement de texte.

Sous Word, logiciel le plus courant, commencez par ouvrir le fichier contenant votre manuscrit, sélectionnez le menu "Fichier / Mise en page", puis allez dans l'onglet "Papier". Vous pouvez à ce niveau indiquer le format du livre (hauteur et largeur, en cm). Si vous ne le connaissez pas, prenez un livre dans votre bibliothèque qui possède le format souhaité et mesurez. Un livre de poche, par exemple, fait environ 10 x 15 cm, mais il existe de nombreux formats classiques.

Une fois le format entré, vous pouvez modifier les marges. De la même manière, mesurez celle d'un livre de votre bibliothèque ! Il faut bien distinguer les marges hautes et basses, la marge gauche (de reliure) et la marge de droite.

Une fois cela fait, vous y êtes presque. Reste à choisir la police de caractères et sa taille, et l'interligne. Entrez les valeurs que vous pensez être les vôtres (par exemple, Arial 10pts et simple interligne), puis admirez le résultat en sélectionnant le mode lecture (menu "Affichage / Lecture"). Le nombre de pages s'affiche ! Si le résultat ne vous convient pas, vous pouvez modifier un ou plusieurs des paramètres utilisés : le format, les marges, la police de caractères et l'interligne jusqu'à obtenir satisfaction.

Vous savez maintenant combien de pages fera votre manuscrit. Reste peut-être à lui trouver un éditeur... Mais ceci est une autre histoire.

vendredi 10 décembre 2010

Trente comme un, trente communes

Le recueil de nouvelles Trente comme un, trente communes, publié par les Éditions du Petit Pavé, sera disponible en librairie dans les jours qui viennent. Il est d'ores et déjà possible de le commander : toutes les informations sont disponibles sur le site du collectif.

Rappelons que cet ouvrage a été écrit par 25 auteurs de Loire-Atlantique, chaque texte ayant trait à une commune.

L'éditeur reversera l'intégralité des droits d'auteur à l'association ARAPI, qui oeuvre pour la recherche sur l'autisme.

mardi 7 décembre 2010

Les fautes dans les romans, une série d'articles chez Fondu au Noir

L'association nantaise Fondu au Noir a publié sur son site un article qui s'annonce intéressant et qui a trait aux fautes rencontrées dans les romans.

C'est à suivre ICI.

Caroline de Benedetti, qui publie l'article, avait eu la gentillesse de participer ici-même à la série Les fautes, à qui la faute ?

lundi 8 novembre 2010

Les fautes... à qui la faute (4)

Dans le monde du livre, Jeanne Desaubry est à la croisée de tous les chemins : grande lectrice (elle chronique régulièrement ses coups de coeur pour l'Association et la revue 813, mais aussi sur son site), Jeanne est également auteure de romans policiers (son dernier roman, Dunes froides, est paru en 2009) et de nouvelles (elle a été primée au festival du Havre en 2006). Jeanne Desaubry est aussi éditrice et anime, avec Max Obione, les Éditions Krakoën.

Mais c'est surtout et enfin en tant que "maîtresse d'école" qu'elle s'exprime aujourd'hui sur l'orthographe et la langue française, en s'appuyant sur un thème qui n'a curieusement pas encore été abordé dans cette série d'articles...

La poésie du garde du corps.



Traduction :

"Je suis garde du corps
Je m’appelle Nestor
Je vais à l’aventure
Pour trouver une créature
J’aime faire un détour
Pour trouver l’amour."
Il faut remarquer que le mot « amour » est le seul que l’auteur (un certain Cédric, rendons-lui sa paternité) ait préservé. J’ai décidé que c’était bon signe. Ainsi, il y a des mots auxquels on ne saurait toucher, quand bien même on charcuterait tous les autres. Les puristes doivent s’évanouir d’horreur. Les braves pères et pères de famille qui tapent leur sms en faisant les accords quand ils préviennent leur progéniture que le train a du retard, sont contraints de faire un effort surhumain pour pénétrer la poésie du garde du corps…

C’est à Roissy-en-Brie, parmi les manifestations proposées autour du deuxième festival du polar, organisé par l’ami Antoine Blocier, que ce texte m’est tombé sous les yeux. Il est extrait de « tu’Er 2 100T’ *», petite plaquette de prévention des risques tabagiques. (*Traduction : « Tueur de Santé ! ») Une belle histoire édifiante, inventée en atelier d’écriture dans collèges et lycées, au sein de laquelle s’intercalent des petits poèmes. Bientôt édité, ce texte a pitié des parents, sa traduction en français normal sera présentée en regard de sa version sms.

En ce qui me concerne, j’écris clef avec le « f  » ancien, comme je l’ai appris autrefois. J’aime les mots rares et précieux, quand bien même je m’efforce à une langue simple et transparente pour mes lecteurs. Il n’y a pas, pour moi, plus beau cadeau que la découverte d’un nouveau mot. Je me rappelle de mon ravissement quand j’ai couvert « bolduc » dans le dictionnaire. C’était donc un vrai mot, pas une fantaisie familiale ?

Comme maîtresse d’école – le mot est plus beau que celui d’institutrice - je corrige, sans trêve ni relâche. La correspondante que je suis tique à la lecture des mails ou autres courriers souvent truffés, non pas de fautes de frappe, nous en faisons tous, ou de fautes d’étourderie, mais d’erreurs grossières qui révèlent un manque de respect regrettable de notre langue magnifique. Je ne parle pas de ma confusion quand je débusque de telles erreurs dans un texte issu de ma propre plume, ou de mon clavier. Comme éditrice, je recherche sans cesse des correcteurs à l’œil aigu, je fais tourner des logiciels de correction, et me désespère lorsque, dans le « produit livre » fini, je découvre d’horribles scories m’ayant échappé.

Et pourtant je suis ravie de ces jeux de langues que nous offrent les ados. La permanence du poème d’amour, quelle que soit sa forme, me réjouit le cœur. Notre langue, aussi bien écrite que parlée, est issue d’un long processus de mutation. « Clef » le montre bien, qui a perdu, quelque part, son f. Le temps consacré à la lecture, les supports, la disponibilité pour écrire, les outils pour le faire, tout change.

Maintenons, maintenons. Corrigeons, enseignons, mais ne faisons pas de l’orthodoxie orthographique la tour de cristal d’une élite satisfaite d’elle-même, prétexte à rejeter la plèbe ignare !

Il n’empêche que j’aimerais que l’auteur de cet ineffable poème apprenne à bellement écrire.

On l’aura compris : je n’arrive pas à avoir d’idée définitive sur le sujet…

Jeanne Desaubry

Pour revenir au premier article de la série, cliquez ICI.

lundi 25 octobre 2010

Les fautes... à qui la faute (3)

Plusieurs acteurs de la chaîne du livre ont déjà eu la gentillesse de bien vouloir apporter ici leurs témoignages sur le sujet des fautes (voir articles du 11 octobre et du 18 octobre). Nous avons ainsi lu les commentaires avisés de lecteurs, d'éditeurs, d'écrivains publics, de chroniqueurs, de journalistes, d'auteurs et d'enseignants.
Ce sont aujourd'hui deux autres grands habitués des mots qui relatent leurs rencontres avec la "maltraitance" de la langue française.

Champollion, priez pour nous !

Gilles Guillon 
est éditeur. Il dirige la collection Polars en Nord aux éditions Ravet-Anceau. L’orthographe, il connaît. Les fautes aussi…

Gilles Guillon - Éd. Ravet-Anceau

Depuis cinq ans que le déchiffrage de manuscrits est devenu mon activité principale, j’ai appris à être tolérant avec l’orthographe. J’ai vite compris que la plupart des auteurs auraient eu zéro en dictée si j’avais dû les noter. Aujourd’hui quand je découvre un manuscrit comportant moins d’une faute par page, je m’inquiète. Ai-je raté quelque chose ? Suis-je en train de lire les yeux fermés ? J’exagère à peine en disant qu’une copie sans faute est devenue une exception. C’est d’autant plus inquiétant que beaucoup d’apprentis écrivains sont des enseignants.

Même si j’ai appris à devenir indulgent avec l’orthographe des autres, la constance de certaines bizarreries continue de m’étonner. Cela concerne surtout l’usage de la ponctuation, un art oublié. Peut-être faudrait-il enseigner le code typo dans les écoles ; cela éviterait l’abus des points d’exclamation qu’on retrouve par paquets de trois ou quatre à la fin de chaque phrase. Louis-Ferdinand Céline doit avoir le tournis dans sa tombe à force de voir ses émules en faire un usage immodéré. Quand ce n’est pas le point d’exclamation qui pullule, ce sont les points de suspension. Normalement, ils vont par groupe de trois, pourtant certains persistent à les utiliser par paire ou par quatre, cinq ou six, voire plus… Autre signe de ponctuation dont l’usage évolue hors des règles : la virgule. J’en retrouve régulièrement à des endroits inattendus. Cela vous viendrait-il à l’idée d’en placer une entre le sujet et le verbe ? Eh bien si, certains le font. La raison m’en échappe.

Passons sur les espaces. La version française de Word est paramétrée pour en laisser un automatiquement avant chaque point-virgule, point d’exclamation ou point d’interrogation. Pourquoi vouloir absolument les supprimer à ces endroits-là et en rajouter avant les virgules, les points ou entre les parenthèses ?

Dernière interrogation (parmi d’autres), savez-vous si l’on a commencé à commercialiser des ordinateurs qui ne comporteraient pas de touche avec le trait d’union ? Ce signe, qu’on appelle couramment le tiret du 6, semble avoir disparu de certains claviers. Je passe mon temps à ajouter des traits d’union oubliés dans les mots composés. Là j’exagère un peu. Pour être franc, il m’arrive aussi d’en supprimer. Dans « quand-même » ou dans « bien-que » par exemple…

Si je peux me permettre de donner un conseil à ceux qui vont m’envoyer un manuscrit : par pitié, passez votre texte au correcteur d’orthographe AVANT de me l’adresser. Ça me fait gagner du temps.

Gilles Guillon
« Petit éditeur et ancien premier de la classe en dictée (je n’ai aucun mérite, les autres étaient nuls). »
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« […] pour que l'on puisse apprécier le bijou, il faut que l'écrin donne envie. »

Laurence Patri est une dévoreuse de livres, créatrice et animatrice depuis plus de 5 ans du fameux Biblioblog, qui compte parmi les sites littéraires francophones les plus appréciés. Elle aussi, les fautes, elle en croise…

La "liseuse" du Biblioblog
Ah les fautes, que celui qui n'en a jamais commis jette la première pierre ! Il y a pour moi deux types de fautes : celles que l'on fait parce que l'on va trop vite ou que l'on ne se relit pas suffisamment. Nous avons tous commis ce genre d'erreurs. Bien que très désagréables pour celui qui les lit, il n'y a pas pour autant de réelle stigmatisation pour celui qui les fait. Pourtant, ces mêmes erreurs nous horripilent, nous blessent l'œil, dès qu'on les retrouve dans des romans. Le livre a cette aura sacrée, cette aspiration à la perfection. Le lecteur, qui pourrait l'en blâmer, exige donc de la maison d'édition qu'elle les ait traquées jusqu'à la dernière pour les éliminer. Quand on ouvre un roman, on veut pouvoir se plonger entièrement dans l'intrigue et le style sans avoir l'impression de corriger une copie.

Mais il y a une autre catégorie de fautes bien plus inquiétante. Ce sont les fautes que l'on fait parce qu'on ne maîtrise pas sa propre langue. Combien – dans une autre vie – ai-je pu lire de copies où je devais déchiffrer, lire la phonétique pour comprendre le sens et les propos ? Comment dire quand on n'a pas les outils ? Comment se faire entendre quand sa propre langue devient un ennemi ? Victor Hugo disait : la forme c'est le fond qui remonte à la surface. Aujourd'hui, notre langue est devenue inaccessible à beaucoup, mais quelques-uns cachent au fond d'eux des trésors de poésie et de littérature. Je me souviens de ce garçon, quasi-illettré, qui avait "écrit" l'un des plus beaux textes que j'aie pu lire sur la banlieue. Bien sûr, si l'on s'attachait à la forme, ce texte aurait pu atterrir directement dans la corbeille à papiers tant chaque mot était torturé et maltraité. Mais en prenant le temps de le retranscrire dans une bonne orthographe, il y avait une poésie, un rythme et une émotion à couper le souffle. Ce texte, j'ai eu l'occasion de le lire à voix haute devant une assemblée saisie par la puissance du verbe. Voilà pourquoi cette deuxième catégorie de fautes me paraît plus alarmante.

Parce qu’au-delà de l'orthographe et de la grammaire, ce qui est au cœur d'un texte, c'est le style, le phrasé ; cette alchimie fascinante qui transforme une histoire, apparemment banale, en un joyau inestimable. Mais pour que l'on puisse apprécier le bijou, il faut que l'écrin donne envie. L'orthographe et la grammaire sont donc les finitions indispensables de la matière première.

Laurence Patri

À suivre ICI

mercredi 13 octobre 2010

Ateliers d'écriture "Expresso" à Orléans

Pour celles et ceux qui résident dans la région d'Orléans, voici une façon sympathique de pratiquer un atelier d'écriture : l'atelier "Expresso" est une innovation de Pr'Ose Ecriture, le premier se tiendra le vendredi 22 octobre de 17h30 à 20h au Café le Xaintrailles, 24 rue Coulmiers, à Orléans (quartier Dunois).

Tous les renseignements sur le site de Pr'Ose.

lundi 11 octobre 2010

Les fautes... à qui la faute ?

Qui n’a jamais bondi en lisant une faute grossière dans un journal, sur un site web, dans un roman ? Il est vrai que certains aussi s’étonnent de voir réagir les autres, car des fautes, ils n’en remarquent que rarement. Si la langue française est riche, elle est aussi complexe et c’est bien connu : on voit les fautes des autres, mais pour ce qui est des siennes… Grammaire, conjugaison, orthographe : il faut des années à nos enfants pour apprendre les rudiments du français et enregistrer quelques-uns de ses innombrables pièges. Pour la plupart des jeunes adultes, rédiger un CV sans faire une faute relève de l’exploit, même si les outils de traitement de texte corrigent tant bien que mal les erreurs les plus flagrantes.

Nous avons voulu savoir, en interrogeant des lecteurs, des auteurs, des éditeurs et d’autres acteurs de la chaîne du livre, comment ils « vivaient les fautes », comment ils se corrigeaient ou corrigeaient les autres.

Cet article est le premier d’une série consacrée à ce sujet.
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Pour ouvrir le débat, nous avons sollicité Michel Moinier, grand lecteur et passionné des mots puisqu’il est l’auteur, entre autres, de « L’autre Mélusine, ou l’aide-mémoire », paru en mai dernier aux Éditions du Petit Pavé.

Voici son témoignage.

Michel Moinier
« Tout d'abord des fautes, je n'en ai jamais trouvé... tout juste des erreurs. Si je commence par ce qui semble être un trait d'humour c'est que je crois réellement que stigmatiser la faute chez les enfants, comme chez les adultes, c'est les conduire à coup sûr à la faute. Je ne dis pas qu'il faille écrire n'importe comment, je dis avant tout qu'il faut écrire et que la connaissance vient plus et mieux par la pratique, par l'habitude que par l'absorption de belles règles souvent abstraites malgré les masculins plus fort que les féminins, les M de chez BP qui ont la haine des N…

Pour ce qui concerne les bouquins, il est important de tendre vers le « zéro erreur » à la livraison chez le lecteur et qu'importe la façon pourvu qu'on ait livresque. Pour ma part, je tape et tape sur mon battoir (je dormirai mieux ce soir) et je regarde ensuite avec suspicion les remarques de ma machine. J'en prends et j'en laisse évidemment, puis je tire un exemplaire papier car je ne sais pas lire un écran. Cet exemplaire, je le soumets à deux ou trois copains et copines, à savoir Jean, Jeannine, Pierrette, Renaud, Alain et à l'autre, selon leur disponibilité qui auront l'insigne plaisir de recevoir gratuitement à la publication (si elle arrive) un exemplaire dont il n'auront rien à faire puisqu'il l'auront déjà lu et relu (bienheureux celles et ceux qui ont des enfants, petits-enfants, cousins, vieilles tantes et tourte au chianti à qui il pourront toujours l'offrir ou attendre le décès de l'auteur dans l'espoir de sa notoriété à venir eu égard à l'affectueuse dédicace noircissant la page de garde). Évidemment, ça ne met pas de beurre dans les pinards des correcteurs professionnels, mais les pourcentages concédés par les éditeurs (dont les meilleurs ne roulent pas non plus sur l'or) ne permettent pas au commun des futurs immortels de s'en offrir les sévices.

Dans un autre domaine, et pour illustrer les bonnes manières, j'ai parfois rencontré de belles erreurs bien dodues qui m'ont bien amusé notamment (allez, dénonçons, dénonçons, il en restera toujours quelque chose), dans le livre de Shan Sa "La cithare nue" chez Albin Michel, page 21 ... poussant les reflets du soleil avec la manche de son éventail.

Et encore cette méga-coquille dans un livre de contes… La bulle de savon ria si fort qu'elle éclata. »

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Pour réagir aux propos de Michel, nous avons interrogé quelques acteurs d’une longue chaîne, celle qui mène du manuscrit de l’auteur à la table de chevet du lecteur. Voici comment ils voient, chacun à sa manière, les "fôtes"...

« L’écriture est une aventure humaine… »

Gaëlle le Pavic est enseignante. C’est à ce titre, mais également en tant qu’auteure qu’elle réagit au témoignage de Michel Moinier.

"Je suis entièrement d’accord avec les propos de Michel Moinier. Ecrire correctement passe bien plus par la pratique que par l’apprentissage de ces fameuses règles barbares et rébarbatives mais ô combien incontournables !

Gaëlle Le Pavic
En tant que prof d’histoire-géo, les fautes font partie de mon quotidien : de l’erreur simple à l’orthographe et la grammaire intégralement revisitées, où les noms deviennent des verbes, où les verbes se font noms, et où les mots se parent de lettres nouvelles à chaque ligne. Il est donc difficile pour moi de les ignorer, ces fautes qui ponctuent les lignes quadrillées des copies de mes élèves et me font rire ou sortir de mes gonds, ou ces coquilles qui parsèment les pages de mes livres de chevet.

Pourtant, lorsque j’écris, je suis avec mes personnages et leurs histoires, alors des fautes, j’en fais. De la faute de frappe aux fautes d’accord, je suis plusieurs étapes pour les corriger. Dans un premier temps, je fais appel à mon traitement de texte qui repère les erreurs pendant la frappe, puis je soumets mon texte à un logiciel spécialisé de grammaire et d’orthographe. J’effectue ensuite une correction- papier : imprimer le texte lui donne vie et permet de prendre du recul et de mieux repérer les erreurs. Enfin je fais appel à mon époux, à ma mère – professeur des écoles retraitée à l’œil acerbe- et à mes amies, qui examinent le texte avec un regard neuf et sans concession.

Et malgré cette traque, certaines fautes passent encore inaperçues ! Parce qu’un traitement de texte ne remplace pas les yeux du lecteur, parce que l’écriture est une aventure humaine, parce que si l’on peut tendre vers la perfection, on ne l’atteint que rarement, il y aura toujours des coquilles dans les manuscrits !"


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Pénélope Labruyère-Snozzi est éditrice (Éditions la Madolière) et publie recueils de nouvelles et romans, dont récemment le remarqué « Chair et tendre » d’Amelith Deslandes.

La faute à qui ?


Pénélope Labruyère-Snozzi
 « La faute est partout. Pourquoi ? Ne tapez pas sur les professeurs, ils n'y sont pas toujours pour quelque chose. Oubliez les élèves, souvenez-vous que vous aussi, vous aviez parfois cette envie singulière d'être ailleurs pendant la classe. La langue française est une merveille dont la naissance probable se situerait entre le délire schizophrène et la rigueur latine. La faute est, à mon sens, avant tout due à l'inattention. Et je suis la première concernée.

Étonnant, pour une éditrice ? Pas si sûr. Stigmatisée depuis l'enfance parce que gauchère (dans une institution catholique), on y associait bien volontiers une sinistre orthographe. La dictée avait un petit avant-goût d'enfer pour moi, mon crayon et ma feuille : mes notes flirtant sous la ligne de flottaison, avec les profondeurs abyssales des « moins quelque chose à deux chiffres » et les commentaires débordant d'enthousiasme de mes Pygmalions successifs : « Pénélope a fait 1 faute de moins qu'à la dernière dictée, un progrès ! -18/20 » ou encore : « Atteindra-t-on un jour la surface ? ». Au moins il avait de l'humour, monsieur Couderc ! Et par un fait que je ne m'explique toujours pas, je faisais très peu de fautes lors des rédactions, mon sport préféré ! Et le pauvre monsieur Couderc en perdait son grec.

Dans ces conditions, vouloir travailler dans la littérature relevait pour moi de la gageure. Et ma carrière modeste a commencé par l'écriture. Je vous laisse imaginer les coquilles éparpillées dans mes feuillets. J'avais conscience de mes lacunes et prenais soin comme beaucoup d'auteurs de faire relire mes textes par des proches. Mais il en est toujours une qui reste planquée dans les tranchées des paragraphes.

En tant qu'éditrice, et malgré mon lourd passif, j'ai un mal fou à rentrer dans un texte comprenant des fautes. J'essaye de rester indulgente, surtout que je ne les vois pas toujours. Toutefois, pour moi présenter un manuscrit non corrigé à un éditeur constitue presque une faute professionnelle. Étant particulièrement mauvaise à la pêche aux fautes – orthographe, conjugaison et tout le tintouin - j'ai engagé un correcteur (en fait deux, et je vais en changer). Pourquoi ? Parce que… remontons dans le temps et voyez la naissance douloureuse de la honte :

Bien heureuse de tenir enfin l'objet de plusieurs mois de travail pour moi et parfois des années pour l'auteur chanceux, imaginez ma stupéfaction quand un professeur de français m'ouvre le premier ouvrage publié à une page incertaine et me montre : « leurs marchands de légume en boîte ». Et l'hécatombe ne s'arrête pas là. Pour mon plus grand effroi, de nombreux lecteurs m'envoient des petits mails pour me signaler une erreur au fil des pages. La gène qui s'empare de moi est mortifiante. J'ai toujours gentiment remercié les personnes qui m'ont fait part de leurs critiques, elles m'aident à avancer. Mais à la 30ème faute (là y'a pas de S parce que c'est la faute – 1 seule – numéro 30… j'ai bon ? ), j'avoue avoir perdu mon calme auprès de la correctrice.

Et plutôt que de rester dans mon coin à pleurer sur ma réputation, inexistante mais déjà entachée, et me lamenter sur les sous investis (non remboursés…) j'ai pris le parti d'en rire et d'y convier les lecteurs avec un SAV des fautes du livre. Je ne pousserai pas le vice jusqu’à vous dire exactement où, mais c'est toujours en ligne, la transparence, c'est aussi ça.

La malchance ne s'est pas arrêtée là... le deuxième correcteur en avait laissé passer une ou deux et l'auteur, plein de ressources, m'en a fait la remarque. Quand j'interroge le professionnel, il m'avoue : « le correcteur Word a dû en laisser passer ». Stupeur ! Je paye un logiciel ! Là aussi la moutarde m'est doucement montée au bout du museau. Mais que faire ? Le livre n'était pas sorti, on a pu corriger à temps. Même si après coup, il s'est avéré qu'il en reste une je crois (ou deux). Il me faut donc trouver un nouveau correcteur.

La quête de l'éditeur est donc une quête sans fin : trouver un bon livre à publier sans être rebuté dès le début par les fautes, trouver le bon correcteur qui fera son travail avec amour et rigueur et débusquer les coquilles qui se glissent toujours dans un texte. Cette quête est un Graal. Dire que je ne crois pas au livre parfait ? A vrai dire, l'expérience de lectrice me prouve que tout est possible. Le sujet s'étend à la mesure de l'Univers si l'on considère aussi les fautes des professeurs. Dans le carnet de correspondance d'un garçon de 9 ans, la maîtresse répond à la maman de l'élève : « Je vous ai noté pour 10h ». Les journalistes de radio ou de télévision qui ne savent plus conjuguer au subjonctif.

Mais la langue française est belle et je vais arrêter de la massacrer et vous laisser lire le prochain article.

Bonne journée à tous. »



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Fabien Hérisson est chroniqueur chez k-libre, site d’actualités de la littérature policière et du roman noir. A ce titre, il « épluche » inlassablement quantité de romans. Il livre ici son avis d’expert.

« Un roman parsemé de coquilles est un supplice oculaire. »

« Errare humanum est. Tout est dit. Ou presque.

Fabien Hérisson
A l’heure des nouvelles technologies, où les moyens de communication se multiplient, il faut aller vite. Réseaux sociaux, forums, sms… On abrège, on phonétise. Les règles grammaticales sont oubliées et les acquis orthographiques s’évaporent. La langue française crie à la maltraitance.

Le chroniqueur ne déroge pas à ce constat. Il doit lui aussi faire face à l’angoisse de la coquille, guetter la faute d’accord, éradiquer la phrase lourde qui plombe le texte qu’il doit rendre à son rédacteur en chef ou publier sur son blog.

Il faut se rendre à l’évidence, un texte truffé de « fôtes » perd de sa superbe. Certains blogs regorgent de chroniques où la syntaxe est martyrisée.

Il faut savoir que le chroniqueur reçoit régulièrement de la part des services de presse, des épreuves non corrigées. Ce qui ne pose pas de problèmes à certains, n’est pas nécessairement vrai pour d’autres. Le chroniqueur est avant tout un lecteur. Un roman parsemé de coquilles est un supplice oculaire aussi redoutable que ne l’est l’audition d’une discussion de participants à une téléréalité.

On repère ainsi très vite les auteurs qui manient avec brio la langue de Molière. Ne pouvant donc juger le livre sur la forme - des corrections seront apportées avant l’ultime tirage - il doit se focaliser sur le fond. Généralement, il y a peu de surprises avec les grandes maisons d’éditions. Elles disposent de chasseurs qui traquent les erreurs de syntaxe. La coquille est plus commune dans les romans de maisons plus modestes. Chez certaines, pour lesquelles le niveau de relecture est proche du néant, elles sont tellement nombreuses qu’on peut se demander si elles n’ont pas cherché à participer au concours de la plus grande omelette.

La langue française a cette complexité qui fait que le roman parfait, le zéro faute absolu, est presque impossible. Pour atteindre cette quasi-perfection, comme le stipule Michel Moinier, la relecture est l’arme absolue. Il ne faut pas hésiter à faire lire et relire ses textes. Cela vaut pour les écrivains comme pour les chroniqueurs.

Il en va de la crédibilité du texte, de l’auteur et, pour les romans, de l’éditeur.

Errare humanum est, perseverare diabolicum. « L’erreur est humaine, persévérer dans l’erreur est diabolique ».

Fabien Hérisson - Chroniqueur

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Florence Clerfeuille est écrivain public et biographe. Elle est la créatrice de « A mots déliés ».

« Aucun logiciel ne remplacera jamais l’œil exercé ».

Florence Clerfeuille
« Comme Michel Moinier, je préfère parler d’erreurs plutôt que de fautes. Ce qui ne m’empêche pas de les traquer avec la dernière énergie ! À l’écran, d’abord ; sur papier, ensuite : on ne voit pas les choses de la même façon sur ces deux supports.

Lorsque je relis un texte pour le corriger, la présence d’erreurs – d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de typographie… – ne me dérange pas. Je dirais presque : au contraire ! C’est leur présence qui justifie mon travail. Par contre, dans un livre du commerce, je ne les supporte pas. Elles m’horripilent. Comme, en plus, elles me sautent souvent aux yeux, le plaisir de la lecture est nettement diminué.

Lorsqu’elles sont peu nombreuses, je les supporte, mais il y a parfois des cas extrêmes. Récemment, j’ai ainsi lu un ouvrage dans lequel les erreurs – toutes plus grosses les unes que les autres ! – étaient légion : "fœtus de paille", "semblent jaillirent", "bonne augure", "bonne chair", "vilainies", "mâts provençaux"… Le texte m’a par ailleurs beaucoup plu. J’ai trouvé d’autant plus dommage qu’il n’ait pas été mieux traité. L’éditeur m’a assuré que le livre avait bénéficié d’une correction… J’ai beaucoup de mal à le croire !

Autant je peux concevoir qu’un auteur autoédité n’ait pas les moyens de faire corriger son texte par quelqu’un de compétent, autant je trouve inadmissible qu’un « éditeur » (mérite-t-il encore ce nom ?) fasse l’impasse sur cette prestation. Aucun logiciel ne remplacera jamais l’œil exercé. Un œil extérieur. Car celui de l’auteur connaît trop bien le texte pour en repérer les erreurs..."
Florence Clerfeuille – Ecrivain public - Biographe
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Ainsi se termine ce premier article consacré aux « fôtes ». D’autres professionnels ou grands amateurs du livre ont souhaité s’exprimer sur ce sujet et ont eu la gentillesse de bien vouloir participer à cette série d’articles. On pourra les découvrir ici même la semaine prochaine.

À suivre, donc...

jeudi 16 septembre 2010

Les fautes... à qui la faute ?

Les fautes... à qui la faute ?




Scribinfo diffusera ici même, à partir du mois d’octobre, une série d’articles pour tenter de répondre (en toute simplicité…) à cette question et, du même coup, donner la parole à des acteurs de la chaîne du livre. Aussi je recherche des bénévoles :

  • Lecteurs, qui donneront une opinion sur les fautes de français qu’ils rencontrent (ou pas…) au hasard de leurs lectures, et poseront les questions qu’ils souhaitent aux acteurs ci-dessous ;
  • Auteurs, qui réagiront à ces opinions et, pourquoi pas, confieront leurs petits secrets pour parfaire leurs manuscrits, ou leurs propres grosses coquilles ;
  • Libraires, qui pourront livrer leurs anecdotes, par exemple de clients mécontents « Comment, vous osez vendre ça ? » 
  • Éditeurs, confrontés au quotidien à des manuscrits arrivant par la Poste et… hum.
  • Relecteurs – correcteurs, au cœur de l’affaire, qui en en ont vu passer plus d’une, de fôte…
Le principe est simple : 6 (ou plus) envois de lecteurs seront retenus ; leurs opinions et questions seront soumises aux auteurs, libraires, éditeurs et relecteurs qui auront bien voulu se prêter à l’exercice.

Le résultat : 6 (ou plus) articles seront publiés sur ce blog à partir d’octobre, livrant aux visiteurs les opinions ou les questions des uns, et les réactions des autres.

Les envois de lecteurs, et les propositions de participation des autres acteurs (merci à eux !) sont à envoyer par courrier électronique à : scribinfo@free.fr

Les lecteurs peuvent rester anonymes s’ils le souhaitent, par contre il sera demandé aux autres acteurs de « justifier » leur participation, au travers d’un site web (ou d’une page Facebook) dont l’url sera intégrée aux articles.

À vos fautes !

Mars 2011 : le résultat de cet "appel à candidatures" est à lire ICI.

samedi 11 septembre 2010

Pour celles et ceux que l'écriture démange...

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Envie d'écrire propose sur son site http://enviedecrire.com/ des interviews d'auteurs, des vidéos, des chroniques, bref une foule de choses qui intéresseront les auteurs débutants, confirmés ou même... aspirants.