Encore un piège qui génère un bon paquet de fautes courantes : l'accord des adjectifs de couleurs. Faut-il écrire "elle portait uniquement des robes oranges" ou "toutes ses jupes étaient orange" ? La deuxième réponse est la bonne, comme cela est très bien expliqué sur le site de la Banque de Dépannage Linguistique. Encore un très bon site québécois !
On retiendra l'essentiel : "Lorsqu’un nom est employé comme un adjectif de couleur, il est invariable. On emploie alors ce nom comme si l’on sous-entendait de la couleur de : une balle orange = une balle [de la couleur d’une] orange."
Relecteur correcteur professionnel. Services de relecture et de correction pour éditeurs, auteurs, entreprises et particuliers.
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dimanche 5 juin 2011
lundi 13 décembre 2010
À vos dictées !
samedi 13 novembre 2010
Quoi que, quoique, couac ?
Faute très courante, y compris dans la presse et dans les livres : la confusion entre "quoique" et "quoi que".
On écrit : "Quoi qu'il en soit, j'irai à la réunion.", ou "Quoi qu'elle fasse, elle est toujours la première.",
mais : "Quoique d'un naturel curieux, je n'irai pas à la réunion." ou "Quoiqu'en retard, je respecte les limitations de vitesse."
"Quoi que" équivaut à "Quelle que soit la chose que" (c'est une locution pronominale), "Quoique" équivaut à "Bien que" (c'est une conjonction de subordination).
On écrit : "Quoi qu'il en soit, j'irai à la réunion.", ou "Quoi qu'elle fasse, elle est toujours la première.",
mais : "Quoique d'un naturel curieux, je n'irai pas à la réunion." ou "Quoiqu'en retard, je respecte les limitations de vitesse."
"Quoi que" équivaut à "Quelle que soit la chose que" (c'est une locution pronominale), "Quoique" équivaut à "Bien que" (c'est une conjonction de subordination).
lundi 25 octobre 2010
Les fautes... à qui la faute (3)
Plusieurs acteurs de la chaîne du livre ont déjà eu la gentillesse de bien vouloir apporter ici leurs témoignages sur le sujet des fautes (voir articles du 11 octobre et du 18 octobre). Nous avons ainsi lu les commentaires avisés de lecteurs, d'éditeurs, d'écrivains publics, de chroniqueurs, de journalistes, d'auteurs et d'enseignants.
Ce sont aujourd'hui deux autres grands habitués des mots qui relatent leurs rencontres avec la "maltraitance" de la langue française.
Ce sont aujourd'hui deux autres grands habitués des mots qui relatent leurs rencontres avec la "maltraitance" de la langue française.
Champollion, priez pour nous !
Gilles Guillon est éditeur. Il dirige la collection Polars en Nord aux éditions Ravet-Anceau. L’orthographe, il connaît. Les fautes aussi…
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| Gilles Guillon - Éd. Ravet-Anceau |
Depuis cinq ans que le déchiffrage de manuscrits est devenu mon activité principale, j’ai appris à être tolérant avec l’orthographe. J’ai vite compris que la plupart des auteurs auraient eu zéro en dictée si j’avais dû les noter. Aujourd’hui quand je découvre un manuscrit comportant moins d’une faute par page, je m’inquiète. Ai-je raté quelque chose ? Suis-je en train de lire les yeux fermés ? J’exagère à peine en disant qu’une copie sans faute est devenue une exception. C’est d’autant plus inquiétant que beaucoup d’apprentis écrivains sont des enseignants.
Même si j’ai appris à devenir indulgent avec l’orthographe des autres, la constance de certaines bizarreries continue de m’étonner. Cela concerne surtout l’usage de la ponctuation, un art oublié. Peut-être faudrait-il enseigner le code typo dans les écoles ; cela éviterait l’abus des points d’exclamation qu’on retrouve par paquets de trois ou quatre à la fin de chaque phrase. Louis-Ferdinand Céline doit avoir le tournis dans sa tombe à force de voir ses émules en faire un usage immodéré. Quand ce n’est pas le point d’exclamation qui pullule, ce sont les points de suspension. Normalement, ils vont par groupe de trois, pourtant certains persistent à les utiliser par paire ou par quatre, cinq ou six, voire plus… Autre signe de ponctuation dont l’usage évolue hors des règles : la virgule. J’en retrouve régulièrement à des endroits inattendus. Cela vous viendrait-il à l’idée d’en placer une entre le sujet et le verbe ? Eh bien si, certains le font. La raison m’en échappe.
Passons sur les espaces. La version française de Word est paramétrée pour en laisser un automatiquement avant chaque point-virgule, point d’exclamation ou point d’interrogation. Pourquoi vouloir absolument les supprimer à ces endroits-là et en rajouter avant les virgules, les points ou entre les parenthèses ?
Dernière interrogation (parmi d’autres), savez-vous si l’on a commencé à commercialiser des ordinateurs qui ne comporteraient pas de touche avec le trait d’union ? Ce signe, qu’on appelle couramment le tiret du 6, semble avoir disparu de certains claviers. Je passe mon temps à ajouter des traits d’union oubliés dans les mots composés. Là j’exagère un peu. Pour être franc, il m’arrive aussi d’en supprimer. Dans « quand-même » ou dans « bien-que » par exemple…
Si je peux me permettre de donner un conseil à ceux qui vont m’envoyer un manuscrit : par pitié, passez votre texte au correcteur d’orthographe AVANT de me l’adresser. Ça me fait gagner du temps.
Gilles Guillon
« Petit éditeur et ancien premier de la classe en dictée (je n’ai aucun mérite, les autres étaient nuls). »
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« […] pour que l'on puisse apprécier le bijou, il faut que l'écrin donne envie. »
Laurence Patri est une dévoreuse de livres, créatrice et animatrice depuis plus de 5 ans du fameux Biblioblog, qui compte parmi les sites littéraires francophones les plus appréciés. Elle aussi, les fautes, elle en croise…
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| La "liseuse" du Biblioblog |
Ah les fautes, que celui qui n'en a jamais commis jette la première pierre ! Il y a pour moi deux types de fautes : celles que l'on fait parce que l'on va trop vite ou que l'on ne se relit pas suffisamment. Nous avons tous commis ce genre d'erreurs. Bien que très désagréables pour celui qui les lit, il n'y a pas pour autant de réelle stigmatisation pour celui qui les fait. Pourtant, ces mêmes erreurs nous horripilent, nous blessent l'œil, dès qu'on les retrouve dans des romans. Le livre a cette aura sacrée, cette aspiration à la perfection. Le lecteur, qui pourrait l'en blâmer, exige donc de la maison d'édition qu'elle les ait traquées jusqu'à la dernière pour les éliminer. Quand on ouvre un roman, on veut pouvoir se plonger entièrement dans l'intrigue et le style sans avoir l'impression de corriger une copie.
Mais il y a une autre catégorie de fautes bien plus inquiétante. Ce sont les fautes que l'on fait parce qu'on ne maîtrise pas sa propre langue. Combien – dans une autre vie – ai-je pu lire de copies où je devais déchiffrer, lire la phonétique pour comprendre le sens et les propos ? Comment dire quand on n'a pas les outils ? Comment se faire entendre quand sa propre langue devient un ennemi ? Victor Hugo disait : la forme c'est le fond qui remonte à la surface. Aujourd'hui, notre langue est devenue inaccessible à beaucoup, mais quelques-uns cachent au fond d'eux des trésors de poésie et de littérature. Je me souviens de ce garçon, quasi-illettré, qui avait "écrit" l'un des plus beaux textes que j'aie pu lire sur la banlieue. Bien sûr, si l'on s'attachait à la forme, ce texte aurait pu atterrir directement dans la corbeille à papiers tant chaque mot était torturé et maltraité. Mais en prenant le temps de le retranscrire dans une bonne orthographe, il y avait une poésie, un rythme et une émotion à couper le souffle. Ce texte, j'ai eu l'occasion de le lire à voix haute devant une assemblée saisie par la puissance du verbe. Voilà pourquoi cette deuxième catégorie de fautes me paraît plus alarmante.
Parce qu’au-delà de l'orthographe et de la grammaire, ce qui est au cœur d'un texte, c'est le style, le phrasé ; cette alchimie fascinante qui transforme une histoire, apparemment banale, en un joyau inestimable. Mais pour que l'on puisse apprécier le bijou, il faut que l'écrin donne envie. L'orthographe et la grammaire sont donc les finitions indispensables de la matière première.
Laurence Patri
À suivre ICI
lundi 11 octobre 2010
Les fautes... à qui la faute ?
Qui n’a jamais bondi en lisant une faute grossière dans un journal, sur un site web, dans un roman ? Il est vrai que certains aussi s’étonnent de voir réagir les autres, car des fautes, ils n’en remarquent que rarement. Si la langue française est riche, elle est aussi complexe et c’est bien connu : on voit les fautes des autres, mais pour ce qui est des siennes… Grammaire, conjugaison, orthographe : il faut des années à nos enfants pour apprendre les rudiments du français et enregistrer quelques-uns de ses innombrables pièges. Pour la plupart des jeunes adultes, rédiger un CV sans faire une faute relève de l’exploit, même si les outils de traitement de texte corrigent tant bien que mal les erreurs les plus flagrantes.
Nous avons voulu savoir, en interrogeant des lecteurs, des auteurs, des éditeurs et d’autres acteurs de la chaîne du livre, comment ils « vivaient les fautes », comment ils se corrigeaient ou corrigeaient les autres.
Cet article est le premier d’une série consacrée à ce sujet.
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Pour ouvrir le débat, nous avons sollicité Michel Moinier, grand lecteur et passionné des mots puisqu’il est l’auteur, entre autres, de « L’autre Mélusine, ou l’aide-mémoire », paru en mai dernier aux Éditions du Petit Pavé.
Voici son témoignage.
| Michel Moinier |
« Tout d'abord des fautes, je n'en ai jamais trouvé... tout juste des erreurs. Si je commence par ce qui semble être un trait d'humour c'est que je crois réellement que stigmatiser la faute chez les enfants, comme chez les adultes, c'est les conduire à coup sûr à la faute. Je ne dis pas qu'il faille écrire n'importe comment, je dis avant tout qu'il faut écrire et que la connaissance vient plus et mieux par la pratique, par l'habitude que par l'absorption de belles règles souvent abstraites malgré les masculins plus fort que les féminins, les M de chez BP qui ont la haine des N…
Pour ce qui concerne les bouquins, il est important de tendre vers le « zéro erreur » à la livraison chez le lecteur et qu'importe la façon pourvu qu'on ait livresque. Pour ma part, je tape et tape sur mon battoir (je dormirai mieux ce soir) et je regarde ensuite avec suspicion les remarques de ma machine. J'en prends et j'en laisse évidemment, puis je tire un exemplaire papier car je ne sais pas lire un écran. Cet exemplaire, je le soumets à deux ou trois copains et copines, à savoir Jean, Jeannine, Pierrette, Renaud, Alain et à l'autre, selon leur disponibilité qui auront l'insigne plaisir de recevoir gratuitement à la publication (si elle arrive) un exemplaire dont il n'auront rien à faire puisqu'il l'auront déjà lu et relu (bienheureux celles et ceux qui ont des enfants, petits-enfants, cousins, vieilles tantes et tourte au chianti à qui il pourront toujours l'offrir ou attendre le décès de l'auteur dans l'espoir de sa notoriété à venir eu égard à l'affectueuse dédicace noircissant la page de garde). Évidemment, ça ne met pas de beurre dans les pinards des correcteurs professionnels, mais les pourcentages concédés par les éditeurs (dont les meilleurs ne roulent pas non plus sur l'or) ne permettent pas au commun des futurs immortels de s'en offrir les sévices.
Dans un autre domaine, et pour illustrer les bonnes manières, j'ai parfois rencontré de belles erreurs bien dodues qui m'ont bien amusé notamment (allez, dénonçons, dénonçons, il en restera toujours quelque chose), dans le livre de Shan Sa "La cithare nue" chez Albin Michel, page 21 ... poussant les reflets du soleil avec la manche de son éventail.
Et encore cette méga-coquille dans un livre de contes… La bulle de savon ria si fort qu'elle éclata. »
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Pour réagir aux propos de Michel, nous avons interrogé quelques acteurs d’une longue chaîne, celle qui mène du manuscrit de l’auteur à la table de chevet du lecteur. Voici comment ils voient, chacun à sa manière, les "fôtes"...
« L’écriture est une aventure humaine… »
Gaëlle le Pavic est enseignante. C’est à ce titre, mais également en tant qu’auteure qu’elle réagit au témoignage de Michel Moinier.
"Je suis entièrement d’accord avec les propos de Michel Moinier. Ecrire correctement passe bien plus par la pratique que par l’apprentissage de ces fameuses règles barbares et rébarbatives mais ô combien incontournables !
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| Gaëlle Le Pavic |
En tant que prof d’histoire-géo, les fautes font partie de mon quotidien : de l’erreur simple à l’orthographe et la grammaire intégralement revisitées, où les noms deviennent des verbes, où les verbes se font noms, et où les mots se parent de lettres nouvelles à chaque ligne. Il est donc difficile pour moi de les ignorer, ces fautes qui ponctuent les lignes quadrillées des copies de mes élèves et me font rire ou sortir de mes gonds, ou ces coquilles qui parsèment les pages de mes livres de chevet.
Pourtant, lorsque j’écris, je suis avec mes personnages et leurs histoires, alors des fautes, j’en fais. De la faute de frappe aux fautes d’accord, je suis plusieurs étapes pour les corriger. Dans un premier temps, je fais appel à mon traitement de texte qui repère les erreurs pendant la frappe, puis je soumets mon texte à un logiciel spécialisé de grammaire et d’orthographe. J’effectue ensuite une correction- papier : imprimer le texte lui donne vie et permet de prendre du recul et de mieux repérer les erreurs. Enfin je fais appel à mon époux, à ma mère – professeur des écoles retraitée à l’œil acerbe- et à mes amies, qui examinent le texte avec un regard neuf et sans concession.
Et malgré cette traque, certaines fautes passent encore inaperçues ! Parce qu’un traitement de texte ne remplace pas les yeux du lecteur, parce que l’écriture est une aventure humaine, parce que si l’on peut tendre vers la perfection, on ne l’atteint que rarement, il y aura toujours des coquilles dans les manuscrits !"
Gaëlle le Pavic - Auteure
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Pénélope Labruyère-Snozzi est éditrice (Éditions la Madolière) et publie recueils de nouvelles et romans, dont récemment le remarqué « Chair et tendre » d’Amelith Deslandes.
La faute à qui ?
« La faute est partout. Pourquoi ? Ne tapez pas sur les professeurs, ils n'y sont pas toujours pour quelque chose. Oubliez les élèves, souvenez-vous que vous aussi, vous aviez parfois cette envie singulière d'être ailleurs pendant la classe. La langue française est une merveille dont la naissance probable se situerait entre le délire schizophrène et la rigueur latine. La faute est, à mon sens, avant tout due à l'inattention. Et je suis la première concernée.
| Pénélope Labruyère-Snozzi |
Étonnant, pour une éditrice ? Pas si sûr. Stigmatisée depuis l'enfance parce que gauchère (dans une institution catholique), on y associait bien volontiers une sinistre orthographe. La dictée avait un petit avant-goût d'enfer pour moi, mon crayon et ma feuille : mes notes flirtant sous la ligne de flottaison, avec les profondeurs abyssales des « moins quelque chose à deux chiffres » et les commentaires débordant d'enthousiasme de mes Pygmalions successifs : « Pénélope a fait 1 faute de moins qu'à la dernière dictée, un progrès ! -18/20 » ou encore : « Atteindra-t-on un jour la surface ? ». Au moins il avait de l'humour, monsieur Couderc ! Et par un fait que je ne m'explique toujours pas, je faisais très peu de fautes lors des rédactions, mon sport préféré ! Et le pauvre monsieur Couderc en perdait son grec.
Dans ces conditions, vouloir travailler dans la littérature relevait pour moi de la gageure. Et ma carrière modeste a commencé par l'écriture. Je vous laisse imaginer les coquilles éparpillées dans mes feuillets. J'avais conscience de mes lacunes et prenais soin comme beaucoup d'auteurs de faire relire mes textes par des proches. Mais il en est toujours une qui reste planquée dans les tranchées des paragraphes.
En tant qu'éditrice, et malgré mon lourd passif, j'ai un mal fou à rentrer dans un texte comprenant des fautes. J'essaye de rester indulgente, surtout que je ne les vois pas toujours. Toutefois, pour moi présenter un manuscrit non corrigé à un éditeur constitue presque une faute professionnelle. Étant particulièrement mauvaise à la pêche aux fautes – orthographe, conjugaison et tout le tintouin - j'ai engagé un correcteur (en fait deux, et je vais en changer). Pourquoi ? Parce que… remontons dans le temps et voyez la naissance douloureuse de la honte :
Bien heureuse de tenir enfin l'objet de plusieurs mois de travail pour moi et parfois des années pour l'auteur chanceux, imaginez ma stupéfaction quand un professeur de français m'ouvre le premier ouvrage publié à une page incertaine et me montre : « leurs marchands de légume en boîte ». Et l'hécatombe ne s'arrête pas là. Pour mon plus grand effroi, de nombreux lecteurs m'envoient des petits mails pour me signaler une erreur au fil des pages. La gène qui s'empare de moi est mortifiante. J'ai toujours gentiment remercié les personnes qui m'ont fait part de leurs critiques, elles m'aident à avancer. Mais à la 30ème faute (là y'a pas de S parce que c'est la faute – 1 seule – numéro 30… j'ai bon ? ), j'avoue avoir perdu mon calme auprès de la correctrice.
Et plutôt que de rester dans mon coin à pleurer sur ma réputation, inexistante mais déjà entachée, et me lamenter sur les sous investis (non remboursés…) j'ai pris le parti d'en rire et d'y convier les lecteurs avec un SAV des fautes du livre. Je ne pousserai pas le vice jusqu’à vous dire exactement où, mais c'est toujours en ligne, la transparence, c'est aussi ça.
La malchance ne s'est pas arrêtée là... le deuxième correcteur en avait laissé passer une ou deux et l'auteur, plein de ressources, m'en a fait la remarque. Quand j'interroge le professionnel, il m'avoue : « le correcteur Word a dû en laisser passer ». Stupeur ! Je paye un logiciel ! Là aussi la moutarde m'est doucement montée au bout du museau. Mais que faire ? Le livre n'était pas sorti, on a pu corriger à temps. Même si après coup, il s'est avéré qu'il en reste une je crois (ou deux). Il me faut donc trouver un nouveau correcteur.
La quête de l'éditeur est donc une quête sans fin : trouver un bon livre à publier sans être rebuté dès le début par les fautes, trouver le bon correcteur qui fera son travail avec amour et rigueur et débusquer les coquilles qui se glissent toujours dans un texte. Cette quête est un Graal. Dire que je ne crois pas au livre parfait ? A vrai dire, l'expérience de lectrice me prouve que tout est possible. Le sujet s'étend à la mesure de l'Univers si l'on considère aussi les fautes des professeurs. Dans le carnet de correspondance d'un garçon de 9 ans, la maîtresse répond à la maman de l'élève : « Je vous ai noté pour 10h ». Les journalistes de radio ou de télévision qui ne savent plus conjuguer au subjonctif.
Mais la langue française est belle et je vais arrêter de la massacrer et vous laisser lire le prochain article.
Bonne journée à tous. »
Pénélope Labruyère-Snozzi - Editrice
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Fabien Hérisson est chroniqueur chez k-libre, site d’actualités de la littérature policière et du roman noir. A ce titre, il « épluche » inlassablement quantité de romans. Il livre ici son avis d’expert.
« Un roman parsemé de coquilles est un supplice oculaire. »
« Errare humanum est. Tout est dit. Ou presque.
| Fabien Hérisson |
A l’heure des nouvelles technologies, où les moyens de communication se multiplient, il faut aller vite. Réseaux sociaux, forums, sms… On abrège, on phonétise. Les règles grammaticales sont oubliées et les acquis orthographiques s’évaporent. La langue française crie à la maltraitance.
Le chroniqueur ne déroge pas à ce constat. Il doit lui aussi faire face à l’angoisse de la coquille, guetter la faute d’accord, éradiquer la phrase lourde qui plombe le texte qu’il doit rendre à son rédacteur en chef ou publier sur son blog.
Il faut se rendre à l’évidence, un texte truffé de « fôtes » perd de sa superbe. Certains blogs regorgent de chroniques où la syntaxe est martyrisée.
Il faut savoir que le chroniqueur reçoit régulièrement de la part des services de presse, des épreuves non corrigées. Ce qui ne pose pas de problèmes à certains, n’est pas nécessairement vrai pour d’autres. Le chroniqueur est avant tout un lecteur. Un roman parsemé de coquilles est un supplice oculaire aussi redoutable que ne l’est l’audition d’une discussion de participants à une téléréalité.
On repère ainsi très vite les auteurs qui manient avec brio la langue de Molière. Ne pouvant donc juger le livre sur la forme - des corrections seront apportées avant l’ultime tirage - il doit se focaliser sur le fond. Généralement, il y a peu de surprises avec les grandes maisons d’éditions. Elles disposent de chasseurs qui traquent les erreurs de syntaxe. La coquille est plus commune dans les romans de maisons plus modestes. Chez certaines, pour lesquelles le niveau de relecture est proche du néant, elles sont tellement nombreuses qu’on peut se demander si elles n’ont pas cherché à participer au concours de la plus grande omelette.
La langue française a cette complexité qui fait que le roman parfait, le zéro faute absolu, est presque impossible. Pour atteindre cette quasi-perfection, comme le stipule Michel Moinier, la relecture est l’arme absolue. Il ne faut pas hésiter à faire lire et relire ses textes. Cela vaut pour les écrivains comme pour les chroniqueurs.
Il en va de la crédibilité du texte, de l’auteur et, pour les romans, de l’éditeur.
Errare humanum est, perseverare diabolicum. « L’erreur est humaine, persévérer dans l’erreur est diabolique ».
Fabien Hérisson - Chroniqueur
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Florence Clerfeuille est écrivain public et biographe. Elle est la créatrice de « A mots déliés ».
« Aucun logiciel ne remplacera jamais l’œil exercé ».
![]() |
| Florence Clerfeuille |
Lorsque je relis un texte pour le corriger, la présence d’erreurs – d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de typographie… – ne me dérange pas. Je dirais presque : au contraire ! C’est leur présence qui justifie mon travail. Par contre, dans un livre du commerce, je ne les supporte pas. Elles m’horripilent. Comme, en plus, elles me sautent souvent aux yeux, le plaisir de la lecture est nettement diminué.
Lorsqu’elles sont peu nombreuses, je les supporte, mais il y a parfois des cas extrêmes. Récemment, j’ai ainsi lu un ouvrage dans lequel les erreurs – toutes plus grosses les unes que les autres ! – étaient légion : "fœtus de paille", "semblent jaillirent", "bonne augure", "bonne chair", "vilainies", "mâts provençaux"… Le texte m’a par ailleurs beaucoup plu. J’ai trouvé d’autant plus dommage qu’il n’ait pas été mieux traité. L’éditeur m’a assuré que le livre avait bénéficié d’une correction… J’ai beaucoup de mal à le croire !
Autant je peux concevoir qu’un auteur autoédité n’ait pas les moyens de faire corriger son texte par quelqu’un de compétent, autant je trouve inadmissible qu’un « éditeur » (mérite-t-il encore ce nom ?) fasse l’impasse sur cette prestation. Aucun logiciel ne remplacera jamais l’œil exercé. Un œil extérieur. Car celui de l’auteur connaît trop bien le texte pour en repérer les erreurs..."
Florence Clerfeuille – Ecrivain public - Biographe
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Ainsi se termine ce premier article consacré aux « fôtes ». D’autres professionnels ou grands amateurs du livre ont souhaité s’exprimer sur ce sujet et ont eu la gentillesse de bien vouloir participer à cette série d’articles. On pourra les découvrir ici même la semaine prochaine.
À suivre, donc...
À suivre, donc...
vendredi 24 septembre 2010
Si la grammaire m'était contée...
On peut en savoir plus (et bien plus encore !) sur le très beau site d'Erik Orsenna : http://www.erik-orsenna.com/grammaire_bienvenue.php
dimanche 12 septembre 2010
Le détecteur de fautes
C'est encore un site québécois qui se distingue, avec ce "détecteur de fautes". Il s'agit d'exercices de correction de textes, réalisables à la souris et très bien faits.
Testez votre niveau !
| Cliquez ici pour tester votre talent de correcteur |
dimanche 18 avril 2010
Etudes littéraires : grammaire française
Un nouveau lien sur la grammaire française. Cela a le mérite d'être clairement présenté :
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